A gauche, robe du soir Madeleine Vionnet, satin de soie ivoire, boucle en métal garni de cristaux (vers 1931). A droite, gants du soir « Griffes » (1936) d’Elsa Schiaparelli. veau-velours, application de faux ongles en métal doré, couture sellier, couture piquée. Cette paire évoque une série de mains peintes par Picasso et photographiées par Man Ray. « Schiap » reprend à partir de 1934 le thème de la main cher aux surréalistes. (© Collection Musée Galliera)

150 ans d’histoire de la haute-couture parisienne

PARIS, 12 MARS 2013, LXRV – Mode amazone Redfern ou silhouette libérée Poiret du début du XXe siècle, broderie Jérôme ou Lanvin des années folles, exubérances d’Elsa Schiaparelli, « l’Italienne qui fait des robes », selon les termes méprisants de sa rivale, Gabrielle Chanel, elle-même inventrice de la « Petite robe noire » en 1926 et du tailleur qui porte son nom en 1954, new-look Christian Dior de l’après guerre, élégance « Jolie Madame » signée Pierre Balmain, audace dans les années 1960 de la nouvelle vague Courrèges, Yves Saint-Laurent, Pierre Cardin, Paco Rabanne… Les années 1980 seront celles des Jean-Paul Gaultier, Karl Lagerfeld, John Galliano, Christian Lacroix, Thierry Mugler, Claude Montana, Alexander McQueen… 2012 fut celle de Martin Margiela et de Alexis Mabille. L’exposition « Paris Haute-Couture » réunit pour la première fois à l’Hôtel de Ville plus d’une centaine de créations de ces grands noms, retraçant 150 ans d’histoire de la mode parisienne née rue de la Paix, avant de coloniser la place Vendôme et de l’Opéra, puis les Champs-Elysées et l’avenue Montaigne. Chanel restera quant à elle fidèle à la rue Cambon où elle s’était installée en 1910. « De nos jours, les maisons de couturiers s’établissent autour du Palais-Royal et vers l’est parisien, dans le quartier du Marais. En lien avec les mutations économiques du secteur et l’évolution de l’immobilier, de nouvelles maisons de couture tissent désormais un réseau d’adresses confidentielles dans les 1er ou 10e arrondissements, loin des préoccupations ostentatoires de leurs aînées » précisent les organisateurs de l’exposition.

L’essentiel des vêtements et accessoires présentés proviennent des collections du musée Galliera. Des documents, photographies, dessins, revues complètent la démonstration et mettent en lumière les talents et les savoir-faire inestimables de la haute couture : brodeurs, plumassiers, teinturiers, tisseurs, bottiers, éventaillistes, orfèvres et autres artisans, ainsi que celui des petites mains, les premières d’atelier, secondes, apprêteuses, garnisseuses, brodeuses, arpettes… En 1930, on estimait que ce secteur faisait vivre 350 000 ouvriers et 150 000 artisans paruriers en France. Une vingtaine de maisons travaillent aujourd’hui dans la haute couture à Paris et 7 600 entreprises parisiennes dans la mode en général, soit plus de 60 000 emplois directement liés à cette activité dans la capitale : tissage, fabrication de maille, lingerie, fourrure, cuir, bijoux, plumes, broderies… Plus que jamais un métier d’art majeur.

Luxe Revue



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