Une nouvelle nuit la plus chère de l'art pour Christie's ?
Jeff Koons (1955), « Cracked Egg » (Magenta, 1994-2006), acier inoxydable et miroir poli, (198,1 x 157,5 x 157,5 cm et 45,7 x 121,9 x 121,9 cm). À propos de cette œuvre qu'il compare à « La naissance de Vénus » de Boticelli, son auteur reconnaît qu'elle a été particulièrement difficile à réaliser en raison de ses double surfaces réfléchissantes, concaves et convexes. Une douzaine d'années ont été nécessaires pour finaliser plusieurs coquilles géantes exécutées dans des couleurs bonbon saturées : magenta, rouge, violet, bleu et jaune. (© Christie's 2014)

Art contemporain : la recette œuf et Bacon de Christie’s Londres

LONDRES, 27 JANVIER 2014, LXRV – Après New York en novembre, la maison Christie’s peut-elle s’offrir une nouvelle nuit la plus chère de l’art ? Sa vente d’œuvres après-guerre et contemporaines organisée à Londres le soir du 13 février présente en tout cas quatre atouts médiatiques majeurs qui ont pour nom Francis Bacon, Jeff Koons, Gerhard Richter et Damien Hirst et devraient mobiliser à eux seuls plus de cinquante millions de livres d’enchères (60 millions d’euros). Au total, 48 œuvres sont présentées, estimées entre 87 millions et 107,5 millions de livres (105 millions et 130 millions d’euros).

La vente du triptyque intitulé « Three Studies of Lucian Freud » réalisé en 1969 par Francis Bacon avait permis à Christie’s de décrocher à New York le record mondial du montant d’adjudication : 142,40 millions de dollars (104 millions d’euros). Elle estime à 30 millions de livres (36 millions d’euros) l’œuvre du même peintre britannique intitulée « Portrait of George Dyer Talking » qu’elle présente à Londres. Ce lot, propriété d’un collectionneur privé, pourrait largement dépasser l’estimation en raison de sa taille et de son sujet, la peinture représentant à grande échelle l’ami, amant et source d’inspiration de Francis Bacon. Un tel sujet n’avait plus été vu depuis une dizaine d’années. La peinture exécutée en 1966 avait été exposée à Paris la même année puis lors de la première rétrospective consacrée à l’artiste organisée au Grand Palais en 1971 qui coïncidera avec la disparition tragique de George Dyer.

La sculpture signée Jeff Koons intitulée « Cracked Egg » (Magenta) réalisée entre 1994 et 2007, inspirée par la naissance de son fils, Ludwig, bénéficie elle aussi d’un nouveau contexte puisque son auteur américain détient désormais le double record de la plus forte enchère pour un artiste vivant et pour une sculpture contemporaine : 58,4 millions de dollars (42,6 millions d’euros) pour son monumental chien ballon, « Balloon Dog » (Orange). Les deux pièces ont été exécutées dans le cadre d’une même série intitulée « Célébration » conçue pour comporter des repères importants et universels de la joie et de l’émerveillement que l’on peut ressentir étant enfant. L’estimation haute de Christie’s pour cet œuf éclos de Pâques, ludique et vulnérable, symbolisant aussi, selon Jeff Koons, « le dépassement de soi », est de 15 millions de livres (18 millions d’euros).

Enfin, outre la pièce abstraite magistrale signée Gerhard Richter, « Abstraktes Bild », improvisée en 1989, estimée entre 2 et 3 millions de livres (2,4 millions et 3,6 millions d’euros), Christie’s présente une toile inédite signée Damien Hirst représentant Mickey Mouse en douze pastilles seulement. Réalisée à la demande de la Walt Disney Company, l’œuvre estimée entre 300000 et 500000 livres (360000 et 600000 euros) atteindra sans doute des sommets : un peu pour la bonne cause, le produit de la vente étant reversé à une association britannique de défense de l’enfance, Kids Company, et beaucoup parce que certaines icônes ont plus la cote que d’autres. La célèbre souris, déjà revisitée par Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou Claes Oldenburg, est une valeur sûre des salles de vente…

Luxe Revue



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