LXRV BEAU LIVRE LE LUXE EN HERITAGE DUNOD
La double page d'ouverture du chapitre consacré au XXe siècle avec, comme objet iconique de cette époque, le sac Birkin lancé par Hermès en 1984. Une « réussite stratosphérique », résultat d'une rencontre improvisée dans un avion entre le patron emblématique de la maison de la rue du Faubourg St Honoré, Jean-Louis Dumas, et l'actrice Jane Birkin déplorant que les sacs à main ne soient « jamais assez grands pour répondre aux exigences d'une femme qui travaille. » (D.R.)

Le beau livre d’histoire et de géographie de la planète luxe

PARIS, 12 SEPTEMBRE 2014, LXRV – Les éditions Dunod publient début octobre un beau livre de près de 300 pages, intitulé « Le Luxe en héritage, secrets d’ateliers des grandes maisons ». L’ouvrage académique, paru un an plus tôt chez Bloomsbury Publishing sous le titre original « Luxury Fashion, A Global History of Heritage Brands », est magnifiquement iconographié et mis en page selon les meilleurs canons et chiffres d’or de la direction artistique. Son auteur, Caroline Cox, directrice des études culturelles au London College of Fashion, présentée par l’éditeur comme « l’experte mondialement reconnue de l’histoire de la mode », documente avec précision l’origine artisanale d’une cinquantaine de ces vénérables maisons, grands noms de la couture et de la joaillerie, qui « ont survécu aux guerres, aux crises économiques, aux aléas de la mode et des habitudes de consommation ». Du plus grand chapelier Lock & Co fondé à Londres en 1686, au spécialiste italien de la maille, inventeur du motif zigzag dans les années 1950, Missoni, en passant par les pionniers historiques Chaumet (1780), Cartier (1847), Bulgari (1881), Chanel (1909), Hermès (1837), Burberry (1856), Lanvin (1889), Prada (1913), Ferragamo (1914), Balenciaga (1918), Gucci (1921), Loro Piana (1924), Fendi (1925), Dior (1947), ce sont plus de trois siècles de l’histoire du luxe qui sont passés en revue.

Certains ont grandi et changé de taille critique, tel le bagagiste français Louis Vuitton, « confectionneur de coffres ou malletier » fondé en 1854, devenu ce leader transcontinental, néanmoins attentif à la croissance des autres manufactures ayant fait le choix de rester des îles exclusives, pépites iconiques riches de leurs spécificités uniques.

Châles russes Pavlovsky Posad, souliers du bottier viennois Rudolf Scheer & Söhne, chaussettes hautes du Français Mazarin Grand Faiseur, costumes « English style » des drapiers allemands devenus maîtres-tailleurs Ladage & Oelke, pulls aux motifs traditionnels norvégiens en fils de laine Dale, sabots suédois Troentorp à la semelle anatomique en aulne, bottes de cow-boy en crocodile du Texan Lucchese ayant pour devise « Les mains surpassent les machines »… Chacune de ces enseignes suit une partition de longue lignée et Caroline Cox nous en dévoile quelques unes de leurs notes les plus intimes.

LXRV DOUBLE PAGE BERLUTI LIVRE LE LUXE EN HERITAGE DUNODPour le chausseur italien installé à Paris, dont chaque paire sur mesure demande neuf mois de création, elle livre cette histoire à propos d’Olga Berluti qui encourage le culte de la marque en réunissant « ses fidèles VIP dans un club nommé Swann, du nom du dandy d’À la recherche du temps perdu (1916). Les membres de Swann se retrouvent chaque mois pour discuter de la plus belle des chaussures et la soirée se termine par un rituel, le polissage de leurs précieux souliers Berluti avec du lin de Venise imbibé de crème, puis avec du champagne Dom Pérignon en hommage au grand dandy anglais Georges Brummel. Olga Berluti explique : “L’alcool les fait briller encore plus. En outre, c’est un geste élégant. L’année dernière, nous sommes allés à Venise, et ils étaient là, tous ces grands aristocrates, lavant leurs chaussures dans le champagne et flottant sur les gondoles, agitant leurs orteils à la lune.” »

LXRV DOUBLE PAGE KILGOUR LIVRE LE LUXE EN HERITAGE DUNOD« Le luxe en héritage » se lit comme un précieux album d’histoire et de géographie, explorant sur tous les continents l’arbre généalogique ainsi que les faits chronologiques, parfois anecdotiques, de ces grands artisans de l’excellence qui sont parfois portés à l’écran : le parapluie de John Steed dans la série culte des années 1960 « Chapeau melon et bottes de cuir » fourni par le maroquinier britannique Swaine Adeney Brigg, spécialisé à l’origine dans la fabrication de fouets ; Le costume en tweed gris trois boutons de Cary Grant dans le film d’Alfred Hitchcock « La Mort aux trousses », signé du tailleur londonien Kilgour ; les ensembles vestes-pantalons de Leonardo di Caprio conçus pour son interprétation de Gatsby le Magnifique par Brooks Brothers qui habille aussi les présidents des États-Unis…

Au fil de ces pages belles et intelligentes, on admire la passion et l’émotion sincères de l’auteur, historienne d’un patrimoine mondial de la tradition et de l’innovation, avec, comme points communs, la perfection et l’ouverture sur le XXIe siècle. Un nouveau chapitre qui commence seulement à s’écrire.

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LXRV LE LUXE EN HERITAGE DUNOD



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