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La vue depuis l'une des pièces de la villa Palm Beach, propriété du styliste américain Tommy Hilfiger depuis 1990, rénovée avec l'aide d'un des architectes historiques de Mustique, Arne Hasselqvist. (© Mustique Company)

De Mustique à Mosquito : l’aristocratie des îles Caraïbes

PARIS, 19 DÉCEMBRE 2014, LXRV – L’atterrissage n’est pas aussi impressionnant qu’à Saint-Barth, mais quand même : la piste peut sembler un peu courte pour qui n’a pas l’habitude des petits avions. Bienvenue à Mustique, légende des îles Caraïbes située dans l’arc antillais, née de la vision d’un sujet excentrique de Sa Majesté, l’honorable Colin Tennant, aidé par l’architecte suédois Arne Hasselqvist et le designer Olivier Messel, directeur artistique de l’opéra de Covent Garden et, un peu plus tard, par un spécialiste du marketing et de l’immobilier international, Brian Alexander, qui dirigera pendant plus de 20 ans la société de gestion de l’île et de sa centaine de villas, la Mustique Company. Sir Mick (Jagger), rock-star historique de l’endroit, a encore fait savoir il y a quelques jours qu’il y passerait le réveillon dans sa villa baptisée « Stargroves ». Le styliste américain Tommy Hilfiger, autre copropriétaire fidèle des lieux, est également annoncé.

LXRV PHOTO MUSTIQUE ILE CARAIBES IMMOBILIER LUXE PETITES ANTILLES ILE MOUSTIQUEC’est en 1958 que le descendant de Charles Tennant, inventeur d’une poudre blanchissante à la fin du XVIIIe siècle, entend parler de Mustique. L’île d’une surface de 566 hectares est à vendre 45.000 livres. Il n’a que 28 ans et doit demander l’autorisation à son père pour en acquitter le prix. L’aventure s’accélère en 1960 quand son amie la Princesse Margaret lui rend visite lors de son voyage de noces avec le futur Lord Snowdon à bord du yacht royal Britannia. En guise de cadeau de mariage, Colin Tennant lui offre une parcelle de son royaume utopique. La sœur de la reine d’Angleterre lui demandera deux ans plus tard d’y bâtir une villa qu’elle nommera « Les jolies eaux », futur refuge de ses peines de cœur mais aussi théâtre de fêtes insensées souvent commencées sur pilotis, au Basil’s Bar. La nouvelle de cette destination secrète et glamour où têtes couronnées et célébrités pique-niquent ensemble en tenue légère sous les paillotes de Macaroni Beach, la plus belle plage de l’île, fait rapidement le tour du monde.

Le caillou sans eau ni électricité se transforme en un diamant aux reflets émeraude et saphir. Chacune des demeures offertes aux alizés est luxueuse, raffinée et souvent la propriété d’un nom célèbre savamment distillé dans les gazettes. L’investissement est non seulement chic, mais bénéficie surtout d’une exonération offshore, incitant chacun à louer son palais tropical sous bonne garde de la Mustique Company. Un hôtel, bâti dans l’ancienne et unique plantation de l’île, accueille les touristes de passage : le Cotton House.

Au début des années 1980, Colin Tennant prend un peu de distance, s’essaye à la politique en Écosse avant de revenir sous les tropiques, à Sainte-Lucie, située au nord de Saint-Vincent et les Grenadines. Il y achète des terres aux pieds de la carte postale de l’île, les fameux Pitons, joue au Maharadja des West Indies en faisant venir un éléphant, développe un hôtel, puis un restaurant. L’héritier du titre de Lord Glenconner, troisième du nom, finira par revendre ses dernières parts de la Mustique Company à la fin des années 1980. Il décèdera d’un cancer en 2010 à l’âge de 83 ans, laissant une petite fortune à son assistant saint-vincentien pendant trente ans. Son testament sera renégocié à la demande des ayant-droits légitimes.

Outre la statue en bronze érigée à sa mémoire sur Mustique en 2009, on retiendra surtout de Colin Tennant qu’il a été le premier à écrire un chapitre important de l’hospitalité insulaire, n’hésitant pas à engloutir dans ses rêves de paradis et de paix royale jusqu’à ses peintures de Lucian Freud. Mais son coup de génie d’un écosystème très bien fréquenté d’une centaine de villas stylées, disséminées à l’abri des regards indiscrets, est à ce jour inégalé.

Le nom de l’aristocrate fantasque est encore aujourd’hui régulièrement évoqué quand Mustique accueille de nouvelles têtes couronnées, en particulier le duc et la duchesse de Cambridge qui aiment y atterrir depuis 2006, presque une tradition familiale pour le prince William.

Le petit-fils de la reine Élisabeth II, ainsi que son frère Harry, sont des habitués des escapades aux Caraïbes, notamment à Barbuda, magnifique île corallienne des Petites Antilles, où leur mère, princesse Diana, avait l’habitude de venir se ressourcer dans les années 1990. L’ex épouse du prince Charles logeait au K-Club fondé par la créatrice de mode italienne Mariuccia Mandelli plus connue sous le nom de Krizia. Le complexe hôtelier, laissé à l’abandon depuis une dizaine d’années, a fait l’objet fin novembre d’un protocole d’accord signé entre l’État d’Antigua et Barbuda et Robert De Niro. Officiellement nommé « envoyé économique spécial » par le gouvernement de la petite nation insulaire, l’acteur américain s’est vu confier pour mission d’attirer l’attention sur le nouveau programme hôtelier qui a désormais pour nom « Paradise Found ». L’investissement estimé à 250 millions de dollars, mené avec un multimillionnaire australien, est situé non loin de la plage rebaptisée en souvenir de la princesse de Galles : « Lady Diana Beach ».

LXRV ILES CARAIBES IMMOBILIER LUXE PHOTO NECKER ISLAND SIR RICHARD BRANSON VIRGINAu même moment à l’extrême nord de l’arc antillais, dans les eaux des Îles vierges britanniques (BVI), le patron du groupe Virgin, Richard Branson, se montre lui aussi très actif. Dans cette partie du monde, le milliardaire britannique est propriétaire depuis 1978 d’une île rachetée à un aristocrate ruiné : Necker Island. Richard Branson y vit officiellement, sauf quand son île de luxe est réservée par une trentaine de personnes contre un montant de 65.000 dollars la nuit. Necker lui sert aussi de laboratoire depuis qu’il s’est engagé à faire sortir les économies insulaires du diesel pour les aider à produire de l’électricité propre. Simultanément, l’entrepreneur poursuit un projet immobilier de neuf villas dont le fonctionnement peut faire penser à celui développé par la Mustique Company. Le programme a pour cadre son autre île des BVI qu’il détient depuis 2011, nommée… Mosquito Island. Nul doute que Sir Richard doit s’amuser du clin d’œil adressé à Lord Glenconner.

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