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Cocotiers et sable fin, toute la carte postale de l'île tropicale se trouve résumée ici dans cette photo du concours 2015 Sony World Photography Awards, à l'exception d'un détail : le requin corail. (© Byron Dilkes)

Le temps compté des îles et des océans

PARIS, 20 MARS 2015, LXRV – L’information est passée quasiment inaperçue l’an dernier : 2014 était l’année internationale des 39 petits États insulaires en développement ou PEID, acronyme de leur groupe officiellement reconnu par l’Organisation des nations unies (ONU) depuis 1992. La grande majorité d’entre eux sont des confettis de paradis. Alanguis dans des eaux coralliennes, ils composent la carte d’une planète exotique ensablée qui fait rêver l’habitant des mondes bétonnés.

Le monstre cyclonique Pam qui a dévasté la semaine dernière l’un de leurs membres, l’archipel du Vanuatu, nous rappelle combien ces terres ultramarines sont fragiles. Et combien elles ont toujours autant de difficultés à faire entendre leurs voix, plus de 20 ans après la reconnaissance de leur vulnérabilité extrême face aux effets du développement industriel et du changement climatique.

La principale menace qui pèse sur ces nations, pour la plupart ultra dépendantes au tourisme, est pourtant régulièrement énoncée : si rien n’est fait, nous pourrions, au cours de notre vie, assister à la disparition de certaines parties de leur territoire, notamment en raison de l’élévation du niveau des eaux.

Leur caractère volcanique peut aussi les faire surgir de nulle part, comme c’est arrivé au mois de janvier dans l’archipel des Tonga.

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Résultat d’une éruption sous-marine, une île longue de 500 m et culminant à 100 m est ainsi apparue. Selon les scientifiques, ce phénomène instable devrait disparaître dans quelques mois.

Les naissances peuvent aussi être provoquées artificiellement, pour diverses raisons : Pékin utilise ce moyen pour revendiquer une souveraineté élargie en mer de Chine méridionale, Doha et Dubaï pour attirer des touristes fortunés.

L’information insulaire a toujours été sur le radar de Luxe Revue car nous savons par expérience que les îles constituent un patrimoine précieux, pas seulement immobilier. Il est vrai que l’écosystème de certaines d’entre elles est parfois particulier, lié à l’intérêt d’un acteur multimillionnaire ou tycoon milliardaire. Dans la plupart des cas, leurs moyens quasiment illimités les incitent heureusement à faire preuve d’exemplarité dans la gestion du capital naturel de leur île privatisée.

Le patron du groupe Virgin, Richard Branson, est l’un d’entre eux. Propriétaire multi-insulaire aux Caraïbes (Necker et Mosquito Islands) et en Australie (Makepeace Island), il est engagé à ce titre dans la promotion d’un tourisme responsable et l’expérimentation d’énergies écologiques modernes. Sur son compte Twitter, Sir Richard a salué hier la décision du gouvernement britannique de créer l’un des plus vastes sanctuaires marins de la planète dans le Pacifique Sud autour des îles Pitcairn autrefois colonisées, en 1790, par Christian Fletcher et ses révoltés du Bounty.

Nick Hayek, le patron du Swatch Group, fait également partie de ces grands patrons qui ont intérêt à défendre les océans. Sa marque Blancpain, dirigée par son neveu Marc Hayek, compte dans sa gamme l’une des montres de plongée historique développée par l’industrie horlogère suisse, la Fifty Fathoms. La manufacture a annoncé au mois d’octobre vouloir donner une nouvelle dimension à son engagement océanographique en rassemblant toutes ses actions sous l’appellation Blancpain Ocean Commitment.

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Un site internet dédié a été mis en ligne et Blancpain a décidé de reverser une somme de 1.000 euros pour chacune de ses nouvelles montres Bathyscaphe Chronographe Flyback Ocean Commitment vendues en série limitée à 250 exemplaires, soit 250.000 euros qui serviront à soutenir des expéditions scientifiques.

L’an dernier, c’est IWC qui dédiait quatre éditions spéciales de sa collection Aquatimer à la fondation Charles Darwin, impliquée dans la protection des îles Galapagos, et à l’organisation The Cousteau Society perpétuant l’œuvre de feu Jacques-Yves Cousteau. « L’explorateur et océanographe français a permis à des millions de personnes dans le monde entier de découvrir les secrets des mers et des océans à travers ses documentaires exceptionnels et sa série télévisée la plus populaire, L’Odyssée sous-marine du Commandant Cousteau », soulignait à cette occasion la manufacture de Schaffhausen, fière de contribuer elle aussi à éveiller les consciences de la nécessité de protéger la planète bleue.

Rolex, Hublot, Panerai et d’autres marques horlogères utilisent elles aussi la conquête des grands fonds ou l’exploration de la biodiversité offshore pour vanter les prouesses techniques de leurs nouveaux garde-temps sous-marins. Ce marketing est souvent prétexte à la diffusion de magnifiques photos. Ces documents doivent aussi nous rappeler que le temps est aujourd’hui compté pour le patrimoine ultramarin de l’humanité. Tant mieux si les aiguilles des profondimètres alertent sur cette réalité. À l’image des porteurs d’outils professionnels de plongée, les 60 millions d’habitants des petits États insulaires en développement sont désormais sensibles au moindre dérèglement.

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