Détail de l’œuvre intitulée « Portrait de Femme (Dora Maar) » exécutée le 5 août 1942 à Paris par Pablo Picasso. Cette huile sur panneau est symptomatique du style cubiste et de la vision déconstruite du maître espagnol, également symbolique de la période troublée de la deuxième guerre mondiale. (© Christie's 2014)

Le marché de l’art à son niveau historique de 2007 ?

NEW YORK, 07 AVRIL 2014, LXRV – La vente d’art moderne et impressionniste organisée par Christie’s New York dans un mois, le 6 mai au soir, enregistrera très certainement de nouveaux records mondiaux d’enchères, tant les cinquante-quatre œuvres présentées sont pratiquement toutes emblématiques de l’esthétique radicale développée par les artistes à l’avant-garde de cette première moitié du XXe siècle, s’enthousiasme la responsable maison de l’événement, Brooke Lampley.

Parmi les œuvres signées Braque, Cézanne, Chagall, Degas, van Dongen, Léger, Matisse, Monet, Pissaro, appartenant à trois collections majeures, celles de Edgar Bronfman, Huguette Clark, et Viktor et Marianne Langen, deux pièces maîtresses sont notamment attendues : une exécution des « Nymphéas » de Claude Monet datée de 1907 et la peinture intitulée « Portrait de femme (Dora Maar) » signée Pablo Picasso, chacune estimée entre 25 et 35 millions de dollars.

Les autres stars de la vente sont signées Wassily Kandinsky (« Strandszene »), Salvador Dali (« Moment de transition »), Pierre-Auguste Renoir (« Jeunes filles jouant au volant »), Joan Miró (« Le serpent à coquelicots traînant sur un champ de violettes peuplé par des lézards en deuil ») ou encore Amedeo Modigliani (« Jeune homme roux assis »).

Au total, cette édition dépassera sans doute la barre des 300 millions de dollars, l’estimation basse étant de 245 millions de dollars.

Le marché mondial de l’art et des antiquités a presque retrouvé « son extraordinaire niveau des années fastes d’avant la récession, stimulé par la demande en Amérique et par la hausse des prix des principales œuvres contemporaines et d’après guerre », indiquait au mois de mars la TEFAF (The European Fine Art Fair) qui estimait à 47,4 milliards d’euros le montant total des ventes enregistrées en 2013, résultat en augmentation de 8% par rapport à 2012. Le niveau record avait été atteint en 2007 avec un score de 48 milliards d’euros avant de s’effondrer en 2009 à 28,3 milliards. En 2013, le résultat des ventes a bondi de 25% rien qu’aux États-Unis, 11% pour les seules œuvres contemporaines et d’après-guerre. Ce pays a retrouvé sa place de leader, représentant 38% du marché mondial de l’art en 2013 (+5% par rapport à 2012), devant la Chine (24%) et le Royaume-Uni (20%). La part de l’union européenne est estimée à 32%, en retrait de trois points. Les ventes en ligne d’art et d’antiquités ont dépassé les 2,5 milliards d’euros en 2013 et pourraient croître de 25% par an, indiquait enfin la TEFAF.

L’an dernier, la maison Christie’s a battu tous les records de l’œuvre la plus chère vendue aux enchères avec le triptyque intitulé « Three Studies of Lucian Freud » peint en 1969 par Francis Bacon, adjugé 142,40 millions de dollars (105,37 millions d’euros). Au terme de cette cession de vente d’art contemporain et d’après-guerre, Christie’s avait adjugé pour près de 700 millions de dollars d’œuvres, exactement 691,58 millions de dollars ou 511,77 millions d’euros, soit la nuit la plus chère de l’art, nouveau record absolu mondial, historique, à battre.

Luxe Revue



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