Photo  : Mademoiselle Chanel au travail, essayage. Juillet 1962. © Douglas Kirkland (Collection Douglas Kirkland, Los Angeles, Californie - Etats-Unis)

Le mystère Chanel expliqué aux Chinois

CANTON, 7 FÉVRIER 2013, LXRV – Après le Musée d’art contemporain de Shanghai et celui d’art national de Chine à Pékin, c’est au tour de l’Opera House de Canton d’accueillir une nouvelle exposition « Culture Chanel ». Jusqu’au 3 mars 2013, le public chinois peut ainsi découvrir les thèmes qui sous-tendent l’univers créatif et les valeurs de Gabrielle Chanel et de sa Maison. Ceux-ci sont évoqués à travers 400 pièces, photographies, dessins, peintures, manuscrits, livres, films, créations de mode (de Mademoiselle à Karl Lagerfeld), mais aussi horlogerie, joaillerie et parfums, présentés selon cinq attitudes : respirer, bouger, aimer, rêver et inventer.

Dans le dossier de présentation de la manifestation, le Commissaire de l’exposition, Jean-Louis Froment, explique que ce sont les artistes qui ont révélé à Mademoiselle « le sens de la modernité dans une époque où la notion d’avant-garde fait jour à Paris, où peintres, musiciens, poètes, chorégraphes du monde entier se sont donné rendez-vous pour changer le monde. « Je veux être de ce qui va arriver », dit-elle. Ce sont les artistes qui ont permis à la petite orpheline d’Aubazine d’accéder aux énergies de la création, à l’expression de soi, à cette façon obstinée d’exister librement. « Les artistes m’ont appris la rigueur », et de cette phrase naît cette ligne parfaite, le style de Chanel, cette ligne qui refuse toute approximation. »

Centrée sur cette permanence des liens avec les arts, l’exposition conçue « en cinq actes et un tableau » mène le visiteur vers le rideau de scène réalisé par Pablo Picasso, en 1924, pour le ballet avant-gardiste de Serge Diaghilev et dont Mademoiselle Chanel avait dessiné les costumes : « le train bleu ». Ce train de nuit luxueux, qui relie Paris à la Côte d’Azur, est régulièrement emprunté par la styliste pour rejoindre sa villa La Pausa à Roquebrune.

Le public chinois du XXIe siècle découvre ainsi un peu du mystère de cette Française du XXe siècle, à l’origine de la création de l’une des marques du luxe parmi les plus convoitées de la planète, qui n’a eu de cesser d’incarner la vitesse, l’élégance, la modernité, la liberté aussi, et l’indépendance. Une femme qui se conduisait comme l’égale des hommes qu’elle côtoyait, travaillant, portant cheveux courts, fumant, conduisant…

Une femme qui n’a eu de cesse d’inventer, surtout, dans son atelier. C’est dans l’immeuble du 31 rue Cambon que se jouait le mystère de la création : de la toile, première étape de construction, jusqu’au vêtement à son ultime point d’achèvement. Là, Mademoiselle Chanel avait tout installé : la boutique au rez-de-chaussée, les salons de couture au premier étage, son appartement au second, le studio de création avec la mention « Mademoiselle Privé » et, enfin, les ateliers juste au-dessus.

Symbole de cette élégance et du style uniques : la veste Chanel. L’une des icônes de la marque, réinventée chaque saison.

Luxe Revue

 



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