Chronographe « Kantharos » mono-poussoir à sonnerie avec force constante Christophe Claret.
Ce modèle est doté d'un timbre cathédrale visible à 10h qui sonne à chaque changement de fonction du chronographe automatique : on entend le départ et l’arrêt. Pièce maîtresse, une force constante trône côté cadran à 6h. Les aiguilles sont façonnées en titane et rubis, rehaussées de matière luminescente. Le boîtier de 45mm de diamètre est en titane et or blanc. Prix : à partir de 96000 francs suisses (77500 euros) hors taxes. Le nom de ce garde-temps, présenté à Baselworld 2013, rend hommage au « pur sang Kantharos, fils du célèbre Cœur de Lion, détenteur d'un palmarès de victoires exceptionnelles » explique la Manufacture qui vient de se doter d'une identité chinoise. (© Christophe Claret 2013)

Le «Swiss Made» en vraie fausse harmonie avec la Chine

BIENNE, 11 JUILLET 2013, LXRV – « Aux termes de l’accord de libre-échange signé le 6 juillet entre la Suisse et la Chine, les exportations horlogères suisses bénéficieront soit d’une suppression totale des droits de douane dans un délai de cinq à dix ans selon le type de produits, soit d’une réduction de 60% des droits échelonnée sur dix ans. Une première réduction de 18% interviendra dès l’entrée en vigueur » indique un communiqué de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) diffusé en date du 8 juillet sur son site internet. Concrètement, les droits de douane sur les montres passeront « de taux compris entre 11 et 12,5% actuellement à des taux oscillant entre 4,4 et 5% à la fin de la période de démantèlement » précise la FH. L’entrée en vigueur de l’accord, prévue mi-2014, s’accompagnera aussi de « dispositions en faveur de la protection des droits de propriété intellectuelle et de la promotion des investissements ». L’annonce peut ressembler à une triple bonne nouvelle pour l’industrie « Swiss Made » un peu malmenée par cette année du serpent placée sous le signe de l’austérité. Les ventes ont effet chuté depuis que la nouvelle administration du président Xi Jinping fait mine d’interdire aux fonctionnaires et membres du parti communiste chinois (PCC) d’utiliser les fonds à leur disposition pour les achats de cadeaux et de produits de luxe.

Sur la période des cinq premiers mois de l’année, les exportations de montres suisses à destination de la Chine continentale, troisième marché mondial après Hong Kong et les États-Unis, ont ainsi enregistré un recul de 23,3%, soit 553 millions de francs suisses contre 721,3 millions sur la même période en 2012, d’après les statistiques de la FH. A Hong Kong, les résultats sont également en baisse de -10,2% tandis que les États-Unis enregistrent une progression de 2% sur cette période des cinq premiers mois de l’année. La troisième plus forte baisse est observée en France avec -8,2%.

Les cinq marchés à enregistrer les plus fortes progressions sont le Koweït (+56,5%), la Belgique (+55,1%), Oman (+40,7%), le Royaume Uni (+31,7%) et les Pays-Bas (+27,4%). Au niveau de la planète, toujours sur les cinq premiers mois de l’année, les exportations restent cependant en hausse de 1,7% pour une valeur totale de 8,3 milliards de francs suisses. En 2012, les exportations de cette industrie ont terminé l’année sur une valeur de 21,4 milliards de francs, en croissance de 10,9% par rapport à 2011, les montres représentant plus de 94% de ce total, soit 29,2 millions d’unités pour une valeur de 20,2 milliards de francs et de 693 euros en moyenne par montre.

Dans un article du Wall Street Journal, Nick Hayek fait preuve d’un enthousiasme modéré au sujet de l’accord de libre-échange, soulignant son « impact à long terme ». Pour son groupe Swatch, leader mondial du secteur, qui comprend entre autres marques Swatch bien sûr, mais aussi Blancpain, Breguet, Glashütte Original, Jaquet Droz, Léon Hatot, Longines, Omega, Rado, Tiffany, Tissot, Union Glashütte…  la Chine compte pour environ 20% de ses ventes horlogères. En réalité, sur ces produits, les droits de douane ne pèsent que pour 3% dans le total des taxes. En Chine, c’est la fiscalité appliquée à la distribution qui représente le vrai facteur d’élévation du prix des montres, indique le site Business Montres et Joaillerie.

Contacté par la rédaction de Luxe Revue, Christophe Claret, l’un des artistes de la profession, spécialisé dans les mouvements à complication hors norme, auteurs de garde-temps sophistiqués et coûteux, nous confirme : « Tout d’abord, je tiens à signaler que je suis extrêmement réservé au sujet des quelques améliorations que pourrait amener cet accord. En effet, de ce que j’ai pu comprendre, il s’agit d’une baisse étalée sur 10 ans de 60% de droits de douane qui sont actuellement à 3%, le reste étant des taxes non concernées. Ce qui nous fait une réduction, en réalité, pour la première année, de 0,5% ! Nous ne comptons pas sur cet accord pour améliorer nos ventes sur ce marché, mais plutôt sur le dynamisme que l’on va y mettre par les diverses activités commerciales que nous mènerons dans ce pays. Nous avons de nombreux projets dans ce but, le premier étant la traduction de notre nom en chinois comme vous avez pu le constater ». Cet inventeur de mécanismes sonores d’exception a en effet déjà pris les devants, en dotant la manufacture indépendante qui porte son nom d’une identité chinoise :  柯籁天音. « Prononcé kē lài tiān yīn en chinois simplifié avec le système pinyin, ce nom a la particularité de lier intimement esthétique et sémantique. Les deux premiers caractères s’approchent d’une traduction phonétique du « Cla » de Claret, formant ainsi le lien avec le nom occidental de la marque. Facile à prononcer, 柯籁天音 suggère, derrière la délicatesse des idéogrammes, le ciel bleu, la majesté du Tibet, le calme d’un lac ainsi que des sons en parfaite harmonie avec la nature… » explique le Français expatrié au pays de la haute horlogerie depuis plus de 25 ans. Nul doute qu’il va multiplier les déplacements dans l’empire du milieu.

Luxe Revue



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