LXRV FERRARI USA SUPERCAR PREMIER SECTEUR MARCHÉ DU LUXE 2014
Les États-Unis restent le pays leader du marché du luxe estimé globalement par le cabinet Bain & Company à 865 Mrds $ en 2014. L'automobile représente le premier secteur en volume et affiche la plus forte croissance annuelle (+10%), dynamisée par le segment des super-cars. (© Ferrari 2014)

Un marché du luxe en mutation sous de multiples pressions

MILAN, 16 OCTOBRE 2014, LXRV – Comme chaque année à la même période, la Fondation Altagamma et le cabinet Bain & Company livrent leur traditionnelle étude de marché du luxe sous la supervision de Claudia D’Arpizio, associée du bureau milanais. Cette édition 2014 souligne d’entrée la dimension industrielle de l’activité, créditée en 2014 d’un chiffre d’affaires global de 865 milliards de dollars, en hausse de 7% par rapport à 2013, réalisé dans neuf secteurs : automobiles (351 Mrds €), biens personnels (223 Mrds €), hospitalité (150 Mrds €), alcools (58 Mrds €), alimentation (39 Mrds €), décoration (18 Mrds €), aviation d’affaires (19 Mrds €), grande plaisance (7 Mrds €) et croisières (1 Mrd €).

Les voitures de luxe affichent la plus forte croissance annuelle (+10%), dynamisée par le segment des super-cars et les marchés émergents. Parmi les tendances qui conditionnent l’évolution de ce secteur, on note la personnalisation des véhicules et des services liés (financement et SAV) et les prochains lancements de SUV et 4×4 ultra luxueux. Les motorisations hybrides ne sont pas évoquées comme facteur potentiel.

La croissance du secteur des biens personnels continue de ralentir, estimée à +2% (+5% à taux de change constant) entre 2013 et 2014 (0% pour les montres), en raison notamment d’un certain nombre de causes exogènes telles que la vague de froid aux États-Unis, la crise ukrainienne, les drames de la compagnie aérienne Malaysian Airlines, les mesures anti corruption en Chine ou les manifestations à Hong Kong. La progression sur la période des vingt dernières années est de +206% (+64% depuis 2004). Bain & Company annonce une prévision à taux de change constant de +4 à +6% pour les trois prochaines années (soit un marché supérieur à 250 Mrds d’euros en 2017) illustrant la nouvelle normalité du secteur : une croissance raisonnable mais régulière avec le tourisme international comme vecteur clé de consommation.

En 2014, les boutiques monomarque ont généré toujours plus de la moitié des ventes au détail, soit 65 milliards d’euros. Le e-commerce représente aujourd’hui le canal de ventes le plus dynamique avec une progression de +28% depuis 2011 pour un chiffre d’affaires de 12,2 milliards d’euros. Les revenus des ventes privées ont doublé en trois ans seulement pour représenter aujourd’hui un montant de 19,1 milliards d’euros. Avec 10,6 milliards d’euros, les aéroports confirment leur statut de sixième continent du luxe, en particulier pour les produits de beauté.

La Chine et ses territoires (Hong Kong, Macau et Taïwan) affichent une croissance zéro pour la première fois et même négative (-2%) pour le pays continent. Ses ressortissants, qui représentent près d’un tiers (29%) des achats de biens personnels dans le monde, sont décrits comme les consommateurs les plus imprévisibles du marché. Ils dépensent trois fois plus à l’étranger que chez eux.

L’Europe est toujours la première destination du luxe avec 34% des achats. Le Royaume-Uni enregistre la plus forte progression (+9% ou 13,3 Mrds €), suivie par l’Allemagne (+4%, 10,3 Mrds €). Quatrième marché mondial, la France progresse de +3% à 15,3 Mrds € alors que le marché italien, numéro 3 mondial, recule d’un point à 16,1 Mrds €. Celui de la Russie s’effondre de 18% à 4,6 Mrds €.

Les États-Unis restent le pays leader avec des revenus en hausse de +3% à 64,9 Mrds €, devant le Japon (+2%, 18 Mrds €). Avec 15 Mrds €, la Chine continentale est rétrogradée à la cinquième place mondiale.

New-York est toujours la capitale du luxe avec un chiffre d’affaires estimé à 22,3 Mrds €, devant Paris (11,3 Mrds €), Londres (10,1 Mrds €), Hong Kong (7,9 Mrds €) et Tokyo (7,4 Mrds €).

Le rapport souligne cette année la polarisation du marché qui se traduit par « une vague de démocratisation profitant aux produits considérés comme une alternative au luxe » ainsi que la belle performance des produits d’occasion avec 16 Mrds € générés en grande partie par les ventes de montres. Le potentiel global de la revente est estimé à 500 Mrds €, soit 17% du chiffre d’affaires total des produits de luxe enregistré depuis 20 ans : 3000 Mrds €.

« Le Luxe est devenu plus une affaire de consommateurs et d’aspirations personnelles que de marchés géographiques ou de saisons. L’avenir sera marqué par des innovations en totale rupture avec les fondamentaux qui composent aujourd’hui le secteur », prévient Claudia D’Arpizio.

Luxe Revue



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