Photographié au mois d'avril dans la baie de Rio, le yacht Benetti « Zephira » battant pavillon brésilien. C'est la première fois que le chantier italien livrait un armateur dans ce pays. (Photo © Alberto de Abreu SodreÌ)

Millionnaires du Brésil : la fièvre de la Coupe du monde

PARIS, 10 juin 2014, LXRV – Le nombre de Brésiliens millionnaires a augmenté de façon significative sur la période 2009-2013, notamment grâce aux préparatifs de la Coupe du monde de football 2014 et des Jeux olympiques de 2016 qui ont généré de hauts niveaux de croissance dans l’immobilier, indique une étude de l’institut WealthInsight reçue par la rédaction de Luxe Revue. Le document intitulé « Millionnaires du Brésil : la fièvre de la Coupe du monde » (‘Brazil Millionaires: World Cup Fever’) indique que le nombre d’individus dans ce pays crédités d’un patrimoine d’au moins un million de dollars a augmenté de 47,2% sur la période 2009-2013 pour atteindre l’estimation de 191313 personnes, soit moins de 0,1% des 200 millions d’habitants. Leur fortune cumulée a progressé de 65,2% sur la même période pour atteindre les 966 milliards de dollars. En 2018, ils seront plus de 234000 et pèseront 1321 milliards de dollars.

Dans son dernier rapport sur la richesse mondiale, la banque Crédit suisse estime de son côté que les millionnaires brésiliens seront 407000 en 2018, enregistrant la deuxième plus forte progression mondiale estimée à +84% sur la période des cinq ans à venir.

En dix ans, le nombre d’individus fortunés dans ce pays aura donc au moins doublé et leur fortune presque triplé. D’après WealthInsight, ils sont aujourd’hui âgés de 58 ans en moyenne et la ville de São Paulo concentre leur plus grand nombre (65058), suivie par Rio de Janeiro (17349), Belo Horizonta (11277), Brasilia (6939), Goiânia (6072), Curitiba (3470), Fortaleza (3470), Barueri (3036), Porto Alegre (2169) et Caxias Do Sul (1735).

Le document établit aussi un parallèle avec la Coupe du monde organisée il y a quatre ans en Afrique du Sud, soulignant que le nombre de millionnaires y a augmenté de 30,1% dans les secteurs des transports et de la logistique et de 38,6% dans les nouvelles technologies et les télécommunications. « L’Afrique du Sud a également vu bondir l’investissement direct étranger de 163% depuis 2009 » souligne le responsable de l’étude, Tom Carlisle.

Un autre rapport intitulé « Connecter le Brésil au monde : sur la route de la croissance inclusive » (‘Connecting Brazil to the World: a Path to Inclusive Growth’) diffusé par McKinsey Global Institute, rappelle cependant que, selon les estimations, entre 50% et 70% des habitants sont toujours pauvres ou menacés de retomber dans la précarité. Les auteurs estiment que cet État, 7e puissance économique mondiale mais 95e en terme de PIB par habitant, doit aujourd’hui se réformer et se globaliser, notamment en s’ouvrant à l’économie mondiale. Ils citent en exemple le succès industriel du conglomérat aéronautique national Embraer devenu l’un des quatre grands constructeurs d’avions civils de la planète, avec Airbus, Boeing et Bombardier, grâce justement à une politique d’ouverture pratiquée par son ancien propriétaire étatique.

McKinsey souligne aussi que le Brésil attire quatre fois moins de visiteurs internationaux que le Mexique. Sur cette question, le cabinet conseille très clairement de transformer le pays en un Dubaï de l’Amérique latine. « Le tourisme de séjour ou d’affaires représente aujourd’hui plus de 30% du PIB des Émirats arabes unis. Au Brésil, ce secteur qui ne représentait déjà que 4,4% du PIB en 2005, a encore reculé à 3,5% » indique l’étude qui rejoint WealthInsight sur un point : « Le Brésil va bénéficier d’une visibilité mondiale unique grâce à la couverture médiatique de la Coupe du monde et des Jeux olympiques. Il est crucial pour ce pays d’en saisir les opportunités. »

Opinion partagée par tous les instituts : après avoir diminué de moitié son taux officiel de pauvreté depuis 2003 et triplé sa richesse, le géant endormi qu’est le Brésil doit maintenant tenir sa promesse de réveiller les espoirs de sa classe moyenne en travaillant à réduire les inégalités.

Luxe Revue



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