À Drouot, quelques jours avant la vente intitulée « Le Phocéa de Mouna Ayoub ».
La collectionneuse et mécène de la haute-couture, entourée par deux pièces intimement liées à son ancien yacht et signées Jean-Paul Gaultier : l'ensemble « Bateau-Lavoir » (à g.) printemps / été 2002, modèle numéro 40 de la collection dédiée à Montmartre, et la robe « Lascar » printemps / été 2000, modèle numéro 22 de la collection « Les Indes galantes ». Chacune est estimée entre 10000 euros et 20000 euros. Au mur, quelques dessins originaux, signés David Linley, des meubles commandés pour aménager le voilier. (Photo : Gaël Kerbaol / © LXRV 2014)

Mouna Ayoub : « Un jour, le Phocéa me reviendra »

PARIS, 24 AVRIL 2014, LXRV – Lundi 28 et mardi 29 avril à Drouot, sous le marteau de Vincent de Muizon, plus d’un millier d’objets ayant tous orné le mythique yacht Phocéa à son apogée, quand il était encore « skippé » par Mouna Ayoub, vont être proposés sous le feu des enchères par la maison Rieunier et Associés. Des œuvres d’art, de collection, de décoration et de charme, pour la plupart signés de grandes maisons du luxe, qui représentent les témoignages d’une saga hors du commun.

On se souvient que la mécène de la haute-couture mondiale (son appellation quasi officielle dans les gazettes mondaines), ex épouse du milliardaire saoudien Nasser al-Rashid, lui-même armateur d’un méga-yacht de 105 mètres, le Lady Moura, avait racheté en 1997 le quatre-mâts précédemment détenu par l’homme d’affaires français Bernard Tapie.

Devenue propriétaire du voilier le plus célèbre et le plus grand de la planète, mis à l’eau vingt ans plus tôt par le navigateur Alain Colas sous le nom de « Club Méditerranée », Mouna Ayoub entreprend avec le chantier allemand Lürssen de le transformer en yacht de luxe. Elle rajoute un pont, réduit le nombre de cabines pour les agrandir, crée une plate-forme de bains… La nouvelle longueur totale atteint les 75m. En tout, les travaux durent trois ans et mobilisent des dizaines de millions de francs. Pourquoi un tel investissement dans un bateau de cette envergure ? Rencontrée il y a quelques jours à Paris dans les locaux de Drouot, Mouna Ayoub répond simplement : « Je suis une Libanaise, ma grand-mère est de Marseille, la Méditerranée m’a toujours fait rêver. Plus jeune, je voulais déjà découvrir la mer, les îles grecques en particulier… » Elle passera en effet tous les étés avec ses enfants dans les eaux de la mer Égée.

Quand elle monte à bord de son schooner, son équipage la surnomme « The Principal » et hausse le pavillon en son honneur. Depuis son port d’attache monégasque, Madame la capitaine en second, qui se dit aussi homme à tout faire du bateau, met le cap sur la Corse, mouille au large de Saint-Florent, ou fait escale à Bonifacio. « J’ai toujours aimé l’entrée majestueuse de ce port suffisamment profond pour accueillir un bateau comme mon Phocéa » se souvient-elle. De fêtes mondaines à Cannes ou à La Havane, en rivages improbables et exotiques, comme celui du K-Club de la styliste italienne Krizia à Barbuda aux Caraïbes, ce super-yacht charismatique devient la partie la plus visible de l’identité jet-set de Mouna Ayoub. Quand, en 2010, elle apprend la vente de « son Phocéa », décidée un an plus tôt par ses proches alors qu’elle traverse « une mauvaise passe émotionnelle », elle en pleurera pendant plusieurs jours.

Aujourd’hui, Mouna Ayoub se montre décidée à « faire le deuil » de ces objets qui la relient à une séquence importante pour elle. « Pour l’instant, j’ai envie de vivre une nouvelle vie » confie-t-elle, avant d’ajouter aussitôt : « Un jour, le Phocéa me reviendra ». Pour un tel dessein, elle compte évidemment sur sa force de conviction, son charme, et sa capacité à saisir les opportunités. « Je suis en contact régulier avec le propriétaire actuel qui est un Thaïlandais très sympathique avec un prénom français, Pascal. Nous échangeons des e-mails tous les jours » explique-t-elle. Pourquoi ne pas plutôt se lancer dans la construction d’un yacht à son image ? La réponse fuse : « Parce qu’il faut une fortune énorme aujourd’hui pour un tel projet. Et si j’en avais une, je ne la dépenserai pas dans un bateau, mais dans la haute couture. »

Luxe Revue



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