Vue aérienne de l'île-hôtel située dans l'extrême sud de l'archipel des Grenadines, à moins d'une heure de la Martinique en petit avion. En haut à droite de la photo, comme des aires surgies de nulle part, ces deux îlots d'un sable blanc éclatant perdus en pleine mer des Caraïbes, surnommés morpions, sont connus dans le monde entier notamment par les plaisanciers. (© Jonathan Palmer)

PSV ou le scénario sublime d’une île privée des Caraïbes

SAINT VINCENT ET LES GRENADINES, 08 JUILLET 2014, LXRV – Située dans les Petites Antilles, à l’extrême sud de l’archipel des Grenadines, l’île privée de Petit St. Vincent, « PSV » pour ceux qui y ont posé un jour un pied, fait partie de la légende des Caraïbes, inscrite à jamais au patrimoine mondial de l’hospitalité. Son histoire débute il y a un peu plus de cinquante ans, en 1963, quand un ancien membre de l’Air Force, Hazen K. Richardson II, à bord de sa goélette de 77 pieds baptisée « Jacinta », y fait escale avec un de ses amis, Doug Terman. Pas un hasard si les deux hommes mouillent dans ces eaux tropicales : agissant pour le compte d’un Américain, H.W. Nichols, ils sont ici pour tenter de négocier le rachat de ce paradis de 45 hectares, inhabité et ceinturé de trois kilomètres de plages de sable fin. Mission parfaitement acquittée : cinq ans plus tard, au mois de décembre 1968, l’île transformée en hôtel est officiellement inaugurée.

Son club-house et ses 22 cottages ont été dessinés par l’architecte suédois Arne Hasselqvist, également à l’origine des premières villas sur l’île voisine ultra privée de Mustique. Haze est nommé manager « temporaire » : il en deviendra finalement le propriétaire. Silhouette familière pour les clients privilégiés qu’il accueillait souvent au ponton accompagné d’un de ses chiens Labrador, l’homme vécut sur place avec son épouse Lynn jusqu’à sa disparition en 2008. En 2010, le contrôle de PSV sera transféré à deux autres gentlemen, Robin Paterson et Philip Stephenson, qui rénovent aussitôt les infrastructures traditionnellement dévouées à l’intimité des « invités ». Pour les inciter à adopter le style bare-foot qui sied le plus à l’endroit, un restaurant de plage est installé avec son beach-bar baptisé du nom du plus vieil employé de l’établissement, Goatie’s.

« Une île privée pour ceux qui recherchent la confidentialité » promet aujourd’hui la brochure de PSV qui garantit aussi « une vie simple dans un cadre à la fois sauvage et luxueux ». Les villas construites avec la pierre locale et disséminées dans la nature tout autour de l’île sont dépourvues de la télévision ou du téléphone. On vient ici pour débrancher, se retrouver, se ressourcer, jouir de plaisirs simples comme écouter les respirations de la mer Caraïbe, admirer les couchers de soleil, se laisser bercer par les alizés, paresser sur son bout de plage privative, nager dans des eaux chaudes d’un bleu turquoise…

À l’entrée de chacun des cottages, un système de drapeaux indique l’humeur de ses occupants : rouge pour « ne pas déranger », jaune pour se faire livrer. Sur cette île fantastique, la commande arrivera par mini-moke, l’un des rares bruits de moteur à se faire entendre pendant le séjour, avec ceux des speed-boats des pêcheurs locaux ou des bateaux de l’hôtel, ainsi que ceux des petits avions qui rythment la vie de l’île située au nord, Union Island, où débarquent les clients en provenance des grands aéroports internationaux de la région, Aimé Césaire à la Martinique, Grantley Adams à la Barbade.

Encore vingt minutes de bateau et c’est un scénario sublime qui peut commencer, ici au cœur des Grenadines, celui d’un éden de corail et de sel où flotte une terre ultramarine, lieu de convergence et de rayonnement, expression ultime, comme par enchantement, de la vie facile d’îles poussières de diamants.

Luxe Revue



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