LXRV RETROSPECTIVE JEFF KOONS 2014
L'artiste américain photographié lors de la douzième édition de Art Basel Miami, au mois de décembre 2013 : Jeff Koons pose devant la BMW Art Car qu'il a redécorée, 17e voiture à intégrer la collection d'œuvres automobiles signées Alexander Calder, Frank Stella, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Ernst Fuchs, Robert Rauschenberg, David Hockney... (Photo : Donald Bowers / Getty mages for BMW)

Rétrospective Jeff Koons : l’exposition bilan d’une star de l’art

NEW YORK / PARIS, 09 SEPTEMBRE 2014, LXRV – Né à York en Pennsylvanie en 1955, Jeff Koons donne l’impression d’avoir éternellement l’âge de son œuvre sur les photos où il paraît : trente-cinq ans. L’inventeur du lapin et des fleurs gonflables (« Inflatable Flower and Bunny – Tall White, Pink Bunny) à la fin des années 1970, qui a étudié au Maryland Institute College of Art (Mica) de Baltimore et à l’école de l’Art Institute of Chicago (Aic), avant de s’installer à New York en 1976, fait l’objet cette année d’une « rétrospective Jeff Koons » mondiale majeure puisqu’elle illustre le parcours d’un créateur audacieux et ambitieux, ancien trader de matières premières parvenu au statut officiel d’artiste vivant le plus cher et le plus coté du marché. Fin 2013, sa sculpture monumentale pesant une tonne d’acier inoxydable « Balloon Dog » (Orange), cheval de Troie haut de 3 mètres à la couleur enfantine et joyeuse, conçu dans les années 1990 comme un remède aux angoisses du millénaire, a ainsi été adjugée par Christie’s New York pour un montant record de 58,4 millions de dollars (43,21 millions d’euros), la plus forte enchère pour une sculpture contemporaine. Selon les statistiques Artnet, la cote moyenne de ses œuvres est actuellement de 2,4 millions de dollars, certaines pièces pouvant mobiliser une technologie complexe et des moyens financiers industriels répartis sur plusieurs années.

LXRV RETROSPECTIVE JEFF KOONS 2014 PEINTURE TULIPS« M. Koons emploie aujourd’hui près de 130 personnes dans son atelier new-yorkais, tenus par contrat de ne pas divulguer ses secrets de fabrication et commerciaux » pouvait-on lire au mois de juin dans un article du Wall Street Journal, qui précisait : « Ses matières premières et ses méthodes de fabrication sont réputés hors de prix. Pour certaines de ses sculptures, des fabricants en Allemagne ont créé un alliage spécial aux propriétés réfléchissantes. Il a ouvert une usine de broyage de pierres en Pennsylvanie pour ses œuvres en granit et a recours à certains experts comme des sculpteurs de bois bavarois, un prix Nobel de physique ou des spécialistes en technologie les plus diverses travaillant dans des hôpitaux ou à Hollywood ».

Nul doute que cet écosystème particulier doit tenir perpétuellement excité son principal électron. Jeff Koons pense en tout cas qu’on peut « créer sa propre vie, changer son univers et celui de sa communauté » si on croit « sincèrement en quelque chose ». « C’est ainsi que j’ai commencé à définir l’avant-garde » explique-t-il dans un entretien avec Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, diffusé en ligne par le Centre Pompidou. Celui-ci accueille en effet fin novembre l’édition parisienne de l’exposition bilan après celle, new-yorkaise, organisée depuis le mois de juin au Whitney Museum of American Art (jusqu’au 19 octobre) et avant celle du musée Guggenheim de Bilbao programmée à l’été 2015.

LXRV RETROSPECTIVE JEFF KOONS EXPOSITION WHITNEY MUSEUM OF AMERICAN ART« Sa première exposition solo, organisée en 1980 au New Museum of Contemporary Art autour d’une série intitulée « The New », mettait en scène des aspirateurs enfermés dans des boites transparentes baignées de lumières fluorescentes » rappelle le dossier de presse du WMAA. L’échec de cette première expérience le forcera à retourner vivre chez ses parents. Cinq ans plus tard, sa nouvelle série « Equilibrium » de ballons de basket flottant dans des aquariums aura plus de succès. Suivront « Statuary », « Luxury and Degradation », « Banality »…

LXRV PHOTO RETROSPECTIVE JEFF KOONS ILONA STALLER CICCIOLINA MADE IN HEAVENEn 1990, la polémique suscitée par les pièces de sa série « Made in Heaven » exposées à la Biennale de Venise, le montrant nu avec sa future épouse (le mariage durera un an, ndlr), Ilona Staller, actrice porno italienne plus connue sous son nom de « Cicciolina », le révèlent au grand public, ainsi que son goût et son talent pour le marketing et la culture kitsch à connotation biologique, comprendre sexuelle. Deux ans plus tard, Jeff Koons a droit à sa première rétrospective, organisée par le musée d’art moderne de San Francisco. L’artiste voit aussi s’ouvrir les portes des plus prestigieux musées du monde entier qui intègrent désormais son travail à leur collection permanente. En 2008-2009, le château de Versailles sert de décor majestueux aux sculptures géantes et réfléchissantes d’un auteur distingué deux fois par l’État français, aux rangs de Chevalier puis Officier de la légion d’honneur.

« Durant ces trente-cinq ans, Jeff Koons a donné naissance à des œuvres d’une grande beauté et d’une émotion intense résume le WMAA, qui ajoute : « En dehors de son atelier, il a aussi transformé la relation des artistes au culte de la célébrité et au marché mondial de l’art, devenant lui-même l’un des artistes les plus populaires, influents, controversés et importants de la génération d’après-guerre ».

Aujourd’hui, Jeff Koons multiplie les collaborations sur tous les plans, avec des personnalités (Stella McCartney, Lady Gaga), des marques (Dom-Pérignon, H&M), même des programmes immobiliers. En 2010, il a aussi intégré l’écurie des artistes de renom ayant signé un jour une « Art Car » pour la collection automobile de la marque allemande BMW. Son interprétation d’un modèle M3 GT2 a été présentée en 2010 au Centre Pompidou.

LXRV RETROSPECTIVE JEFF KOONS 2014 SCULPTURE BAUDRUCHE BALLON DOGPour comprendre l’ascension fulgurante de celui qui est devenu expert en baudruches inoxydables exécutées dans des couleurs de bonbon saturées, les quelque 120 pièces organisées chronologiquement autour de ses séries, qui comprennent aussi Easyfun (1999-2003), Celebration (1994-2007), Popeye (2003), Hulk Elvis (2004-2007), Antiquity (2009-2012) et Gazing Ball (2013), aideront à décrypter la mythologie et le message d’un artiste lui-même collectionneur de toiles de grands maîtres signées Picasso, Dali, Courbet…

Corps enlacés ou dénudés, fausses publicités, fleurs, lapins, chiens, ballons, cœurs suspendus, œufs ou encore diamants… Les métaphores qui construisent l’œuvre de Jeff Koons célèbrent les ressorts de l’humanité ainsi que son évolution : le monumentalisme comme marqueur d’une civilisation avancée, le miroir comme exacte reproduction d’une réalité qu’il voudrait toujours désirable pour garantir la préservation des espèces.

Luxe Revue

LXRV PHOTOS RETROSPECTIVE JEFF KOONS EXPOSITION NEWYORK PARIS BILBAO 2014



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