LXRV PHOTO AVION DAFFAIRES JET EMBRAER LEGACY 500
L'Amérique latine et les Caraïbes représentent un marché important pour le remplacement des business-jets. Sur cette photo, le dernier né de la flotte Embraer, baptisé Legacy 500, avion d'affaires intermédiaire (« midsize ») positionné pour accélérer la croissance du constructeur brésilien. L'appareil doté d'un rayon d'action de 5788 kilomètres et pouvant atteindre la vitesse de Mach 0,83 a été homologué le 12 août par l'agence brésilienne d'aviation civile (Anac). La livraison de la première unité est prévue pour le mois de septembre. (© Embraer 2014)

Tropisme latino-caribéen du marché de l’aviation d’affaires

PARIS, 27 AOÛT 2014, LXRV – Dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, le marché de l’aviation d’affaires compte plus de 5000 appareils, répartis pratiquement à égalité entre les jets (2457 unités au 30 juin 2014) et appareils turboprop (2588 unités) alors que le ratio mondial moyen est plutôt de 1,5 jet pour un 1 turboprop, indique la dernière lettre d’information de Rolland Vincent. Le patron éponyme de la société de consulting américaine spécialisée dans l’aéronautique nous apprend aussi que le Mexique affiche aujourd’hui le plus fort taux de concentration de business-jets (6,55) dans le monde pour 1000 individus fortunés (High-net-worth individuals ou HNWI), devant le Brésil (4,79), la région Amérique latine et les Caraïbes (4,53), l’Afrique (3,27), l’Amérique du Nord (2,87), l’Argentine (1,54), l’ensemble de la planète (1,44), le Moyen Orient (0,83), l’Europe (0,74) et l’Asie Pacifique (0,25). En nombre d’appareils, le Mexique (851) et le Brésil (824) figurent aux deuxième et troisième rangs de la flotte mondiale des business-jets, loin derrière les États-Unis (plus de 12000).

D’après une note d’analyse consacrée à la création de richesse en Amérique latine diffusée début août par WealthInsight, la fortune combinée des 503926 millionnaires latinos a augmenté de 66,5% depuis 2009, atteignant aujourd’hui le total de 2500 milliards de dollars, plus de 10% de ce montant étant investi en Amérique du nord. Le document de cet institut britannique souligne en particulier la dynamique du Paraguay et de la Colombie qui ont enregistré en 2013 des taux de croissance de +11,9% et +4,3%, ainsi que l’impact positif des investissements au Brésil dans les infrastructures de la Coupe du monde de football et le processus de libéralisation du secteur de l’énergie au Mexique comme facteurs importants d’enrichissement. Selon WealthInsight, le nombre de millionnaires au Mexique augmente rapidement depuis 2011 et dépassera celui du Brésil en 2020.

Pour Rolland Vincent, qui note une offre limitée de l’aviation commerciale sur ce continent latino-américain et souligne une flotte d’avions d’affaires « âgée aujourd’hui de 19 ans en moyenne, soit 3 ans de plus que la moyenne mondiale », « le Brésil devancera sans doute le Mexique en nombre d’appareils d’ici un an », non seulement grâce à cette ascension économique d’une partie de sa population, mais aussi grâce à « la présence sur son sol du groupe aéronautique Embraer qui a su nouer un lien de fidélité particulièrement fort avec les propriétaires d’appareils et les opérateurs ».

L’essor commercial d’Embraer, qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires dans le secteur de l’aviation commerciale et de la défense, a été récemment documenté par un autre consultant aérien, Richard Aboulafia. Le vice président de la compagnie américaine d’analyses et de prévisions, Teal Group, estime que la part de marché de l’avionneur brésilien représentait 1,6% du secteur des business-jets sur la période 2004-2013 et sera de 6,4% sur la prochaine décennie 2014-2023, derrière Bombardier (32,4%), Gulfstream (31,5%), Dassault (16,3%) et Cessna (12,4%).

D’après les chiffres communiqués par Embraer, sa flotte d’avions d’affaires est passée de 8 appareils en 2002 à 620 dix ans plus tard. Le nombre de ses executive jets était de 739 en 2013 (759 au premier trimestre 2014), représentant 27% de ses revenus (1,645 milliards de dollars) contre 7% en 2005 (145 millions de dollars), soit un taux de croissance annuel moyen de 22%. Un quart de la flotte Embraer, ou 182 jets, se trouve aujourd’hui en Europe (131), au Moyen-Orient (34) et en Afrique (17).

Lors du dernier salon européen de l’aviation d’affaires « Ebace », l’avionneur brésilien indiquait une croissance aux États-Unis de +4,4% du trafic des business-jets au premier trimestre 2014 par rapport à la même période en 2013, plus très loin du niveau record de 2007 mais encore plus lente qu’espérée. Embraer soulignait aussi la fragilité des marchés européens ainsi que le ralentissement des pays émergents, notamment latinos et asiatiques, et comptait sur les États-Unis pour doper les livraisons. Au mois d’août, ses prévisions pour le marché nord-américain ont d’ailleurs été revues à la hausse, tablant désormais sur 4620 livraisons dans cette partie du monde entre 2014 et 2023 contre 4530 quelques mois plus tôt, soit des revenus de l’ordre de 120 milliards de dollars au lieu de 117 milliards. Les prévisions pour l’Amérique latine ont quant à elles été revues légèrement à la baisse, de 860 appareils pour une valeur de 15 milliards à 850 jets ou 16 milliards. Les livraisons dans cette région enregistreront un taux de croissance similaire à celui attendu en Chine et Asie Pacifique, annoncé au mois de mai aux alentours de 9%.

Pour la prochaine décennie, Embraer estime désormais le marché global à 9235 livraisons de jets pour un montant de 265 milliards de dollars, contre 9250 précédemment pour un volume de 250 milliards de dollars. Les appareils à large cabine et ultra long rayon d’action représenteront plus de la moitié de ce chiffre d’affaires.

Luxe Revue



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