LXRV PHOTO AIRBUS DE LUXE A380 FLYING PALACE JET PRIVE PRINCE WALID
Photo d'un géant des airs prêt à décoller avec à son bord, selon les configurations souhaitées par les compagnies, entre 525 et 853 passagers. Le plus grand appareil commercial, transformé en jet privé géant pour le prince Walid, sera livré en 2013. (© H.Goussé / Airbus SAS)

The Flying Palace, un A380 digne d’un roi

TOULOUSE, 23 DÉCEMBRE 2012, LXRV – Le bon de commande du premier super jumbo Airbus A380 aménagé en jet privé a été signé en 2007. Son commanditaire est le Prince saoudien Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Alsaud, homme le plus riche du Moyen-Orient selon le magazine Forbes qui estimait au mois de mars dernier sa fortune à 18 milliards de dollars, la vingt-neuvième mondiale. La facture de son nouveau jouet quadriréacteur Rolls-Royce, annoncée en dessous des 500 millions de dollars, ne représente même pas trois pour-cents de sa fortune.

Le constructeur Airbus se réjouit à l’avance de la publicité qui sera faite, en particulier dans les États du Golfe, autour de la livraison, confirmée pour 2013, du plus grand appareil commercial transformé en jet privé géant.

Une vitrine extraordinaire pour la branche corporate de l’avionneur européen qui compte sur les marchés émergents, notamment la Chine, pour signer d’autres aménagements en classe affaires de toute sa gamme, de l’A318 à l’A380.

Celui du prince est déjà surnommé le palace volant (The Flying Palace). Quelques plans sont visibles sur le site de l’agence britannique Design Q qui avait été consultée, sans succès, pour les aménagements intérieurs de l’avion « VVIP » et qui commente : « Les espaces architecturaux ont été dessinés de telle façon que le client et ses invités ne pourront pas douter qu’il s’agit de l’appareil le plus luxueux qu’il leur sera donné de voir, mais aussi qui traduira les valeurs culturelles et le statut de son propriétaire ». Le statut d’un futur roi ?

Prince Walid entretient en tout cas un réseau de relations avec nombre d’anciens et actuels dirigeants ou représentants d’États. Son agenda de rendez-vous indique par exemple qu’il a rencontré l’ancien président Nicolas Sarkozy le 14 juillet dernier à l’hôtel George V à Paris et, tout au long de l’année 2012, divers chefs de gouvernements, ministres, ambassadeurs, du Qatar, de Tunisie, de Guinée, d’Italie, du Ghana, de Bulgarie, de Pologne, de Turquie, d’Argentine, de Côte d’Ivoire, du Pakistan, du Vietnam, du Canada, du Niger, du Nigeria, d’Australie et de Bosnie-Herzégovine.

En revanche, les options de son Airbus de luxe sont moins protocolaires que celles d’un Boeing 747 Air Force One mis à disposition des présidents américains. D’après les infographies publiées par le Daily Mail en 2009, l’avion est aménagé sur trois ponts reliés par ascenseurs, équipé de cinq suites, d’une salle de spectacles, d’un hammam, d’une salle de prières, d’un parking, de salles de conférences high-tech et d’une autre de relaxation où un plancher transparent permet de voir défiler les paysages terrestres…

Le projet d’un autre palace, flottant, actuellement en construction aux chantiers Lürssen Yachts en Allemagne, est aussi attribué à Alwaleed bin Talal. Baptisé Azzam, ce méga-yacht d’une longueur supérieure à 180 mètres, sera le plus grand du monde quand il commencera à naviguer.

Petit-fils du roi Abdulaziz Alsaud, le fondateur de la dynastie wahhabite et premier dirigeant du royaume d’Arabie saoudite, neveu de l’actuel roi Abdallah âgé de 89 ans, l’homme d’affaires autodidacte, âgé de 57 ans, qui aime se comparer au Warren Buffet arabe qu’il connaît et estime, détient des parts dans des multinationales considérées comme « iconiques » — Apple, eBay, Citigroup, Fairmont Raffles Holdings International, Four Seasons Hotels, le George V à Paris et le Plaza à New York, Eurodisney, News Corp, Time Warner… –, via sa société d’investissement Kingdom Holding Co qu’il contrôle à 95%.

En 2011, ce proche ami du magnat des médias Rupert Murdoch, fasciné par la réussite du fondateur de Microsoft, Bill Gates, toujours l’homme le plus riche des États-Unis et deuxième fortune mondiale avec 65 milliards de dollars, a aussi dévoilé le lancement d’une chaîne d’information continue baptisée Alarab, en partenariat avec Bloomberg, et une prise de participations dans le réseau social Twitter pour un montant de de 300 millions de dollars.

Mais le projet qui lui tient le plus à cœur en ce moment est sans doute celui de la Kingdom Tower à Jeddah dont le coût est estimé à  4,6 milliards de riyal saoudiens (930 millions d’euros). Surpassant les 828 mètres du Burj Khalifa de Dubaï, c’est la première fois qu’un gratte-ciel atteindra une hauteur d’un kilomètre. L’hyper prince Walid n’aime pas seulement tutoyer le ciel, il veut être le numéro un permanent.

Luxe Revue



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