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En 2018, le Royaume-Uni représentera près de 20% des dépenses de luxe en Europe, devant l'Italie et la France, selon les prévisions de l'agence de consulting Conlumino. Pour un citoyen britannique, le luxe est d'abord synonyme de Rolls-Royce, Rolex, Harrods, Chanel et Gucci, indique par ailleurs un rapport publié par Atout France. Sur cette photo datée du mois d'avril 2013, un modèle Wraith est exposé dans une vitrine du grand magasin londonien. (© Rolls-Royce)

Un nouveau royaume pour les ventes de luxe en Europe ?

LONDRES, 16 DÉCEMBRE 2014, LXRV – Le Royaume-Uni sera bientôt le marché leader des ventes de luxe en Europe devant l’Italie et la France, indique une note diffusée début décembre par Conlumino. En 2013, la hiérarchie du top 5 classait l’Italie au premier rang, devant la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Russie, rappelle cette agence de consulting britannique spécialisée dans l’étude des ventes au détail. Selon ses prévisions, le marché va croître en Europe de 30 milliards d’euros entre 2013 et 2018 pour atteindre un montant global de 121 Mrds €. Le Royaume-Uni comptera pour 19,6 % de ce total, soit un marché de 23,7 Mrds €, devant l’Italie (18,9 %), la France (18,5 %), l’Allemagne (14 %) et la Russie (6,5 %).

« Les clients du luxe au Royaume-Uni ne sont pas seulement des touristes de passage, ils sont aussi des individus fortunés qui vivent et travaillent dans un pays devenu attractif sur le plan de l’économie et des affaires » explique Conlumino justifiant « l’attrait majeur » de la destination auprès de l’industrie du luxe pendant que « l’Italie et la France, bien que pays hôtes de certains acteurs leaders du secteur, souffrent d’un climat économique dégradé dont les effets se ressentent sur les dépenses des clients résidents ».

D’après la dernière étude sectorielle diffusée au mois d’octobre par le cabinet Bain & Company, le Royaume-Uni enregistrera en effet cette année le plus fort taux de croissance des ventes de luxe, estimé à +9 %, pour un volume de 13,3 Mrds €, derrière l’Italie (16,1 Mrds €) et la France (15,3 Mrds €). Avec des revenus estimés à 11,3 Mrds € en 2014, Paris est encore la capitale européenne du luxe devant Londres (10,1 Mrds €) et Milan (5,1 Mrds €).

Une autre enquête publiée par le magazine Spear’s avec l’institut de recherche WealthInsight présente aussi le Royaume-Uni comme la nation où la richesse augmente le plus fortement et le plus rapidement de toute l’Europe. Il est aussi le troisième pays au monde à accueillir le plus grand nombre de milliardaires (130) et Londres est la ville d’Europe de l’ouest à en compter le plus (72), indique le rapport d’un autre institut, Wealth-X.

Une étude intitulée « Le luxe français, une référence mondiale pour les visiteurs internationaux » diffusée il y a quelque jours par Atout France, l’agence de développement touristique de notre destination, se demande justement comment capitaliser sur l’image rayonnante du luxe à la française afin de séduire durablement cette clientèle « stratégique ».

Le document de 132 pages, qui présente une synthèse des récentes études sectorielles et publie les résultats d’enquêtes de profil de clientèle menées par Ipsos, ainsi que les commentaires de plusieurs professionnels de la filière, rappelle que l’hexagone est toujours le premier lieu d’achat, en dehors du pays d’origine d’un client, pour de nombreux types de produits de luxe.

Synonyme de palaces parisiens et de riviera, de parfums et de cosmétiques, de mode, bijoux, champagne, vins, cognac et gastronomie, le tourisme de luxe à la française « a toute une place à valoriser et renforcer » écrivent les auteurs d’Atout France qui le comparent à « la locomotive d’une future stratégie marketing de l’entreprise “France” destinée à capter 5 % du milliard de touristes attendus en plus d’ici 2030 ».

En 2013, la France était toujours la première destination de la planète avec 84,7 millions de voyageurs accueillis selon le dernier baromètre de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui estime aussi le montant des dépenses touristiques à 56,7 Mrds $. Le Royaume-Uni, qui a enregistré 31,2 millions de visiteurs et 41 Mrds $ de recettes, affiche en revanche des taux de croissance supérieurs du nombre des arrivées (+6,4 % contre 2 %) et des recettes (+13,2 % au lieu de +2,1 % en France).

Interviewé par l’équipe d’Atout France, Philippe Gombert, président de Relais & Châteaux, confirme que « de nombreux pays aimeraient prendre la relève de la France sur le marché du luxe ». Il ajoute : « Nos acquis ne sont pas définitifs et nous devons être capables de fournir des prestations de services à la hauteur ».

Eric Paulus, directeur général de l’hôtel Cap Estel niché à Eze, au cœur de la Côte d’Azur entre Nice et Monte Carlo, souligne que ses clients ont beau être « fascinés par l’histoire de France », ils ne comprennent pas « les lourdeurs bureaucratiques (…) qui empêchent par exemple de faire tirer un feu d’artifice pour un anniversaire. Le secteur aurait besoin de simplification… (…) La législation française sur le travail est complexe et pénalise d’abord le personnel qui souhaite travailler plus ».

« La France est incontestablement le leader du luxe dans le monde » estime enfin David Ansellem, fondateur de la société de conciergerie John Paul, tout en soulignant un paradoxe tricolore : « d’un côté le niveau général de service est mauvais (par exemple les taxis parisiens), de l’autre, les Français sont présents partout dans le monde dans les plus grands services de luxe : pensez aux loges de conciergerie dans les palaces les plus reculés de la planète, vous y trouverez toujours un Français ! Il me semble donc que les Français sont doués pour le service mais ils sont paresseux ! Aujourd’hui, ils n’ont plus le choix : s’ils ne proposent pas un service de qualité, ils vont droit à la faillite ».

Luxe Revue



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