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Une maquette d'un Rafale C pendant l'édition 2014 de la Convention de l’aviation d’affaires européenne « EBACE » (European Business Aviation Convention & Exhibition). Le constructeur français présentait aussi à Genève son nouveau vaisseau amiral à très long rayon d’action, le modèle Falcon 8X. (© Dassault Aviation 2014)

Une année caviar et champagne pour Dassault Aviation ?

PARIS, 20 JUIN 2014, LXRV – Le secteur de l’aviation d’affaires fait preuve d’un optimisme prudent depuis le début de l’année, même si les signes d’un rebond se multiplient. D’après les données enregistrées par l’Association générale des constructeurs d’avions (General Aviation Manufacturers Association) basée aux États-Unis, 678 business jets ont été livrés en 2013 contre 672 en 2012. Si le marché est encore loin de son niveau record de 2008 avec 1.313 livraisons, soit presque exactement le double, GAMA soulignait en tout cas une stabilisation. Avec 52,4 % des livraisons, les États-Unis restent leader, devant l’Europe (15,6 % contre 20,8 % en 2012), l’Asie-Pacifique (11,9 %), l’Amérique latine (11,1 %) et la région Moyen-Orient – Afrique (9 %).

« La bonne nouvelle est que le marché à stoppé sa chute. Il y a suffisamment de signes positifs qui peuvent faire penser qu’un revirement, même modeste, est possible » confirme de son côté Richard Aboulafia, vice président de la compagnie américaine d’analyses et de prévisions Teal Group. « Nous pensons que la croissance sera insignifiante cette année mais qu’elle atteindra ensuite pendant quatre ans le taux de +9 % en moyenne. Le retour au niveau record des livraisons de 2008 ne se fera pas avant 2016 » écrit-il dans sa dernière étude sectorielle diffusée au mois d’avril 2014. En 2013, les livraisons de business jets ont généré des revenus d’un montant de 20,9 milliards de dollars contre 18 Mrds $ en 2012 et 24,7 Mrds $ en 2008.

« Le segment supérieur, qui comprend les appareils facturés plus de 26 millions $, va profiter de la très forte bipolarisation du marché observée sur la période 2008-2010, se traduisant par un effondrement de plus de 50 % des livraisons du segment inférieur, l’un des pires cataclysmes commerciaux qui ait jamais été observé dans n’importe quelle industrie » peut-on lire aussi. Cette « bifurcation » vers le haut de gamme s’est confirmée en 2013, avec le segment supérieur représentant désormais deux tiers du chiffre d’affaires, soit 16 Mrds $. Principales raisons : les clients de ce segment sont moins sensibles aux fluctuations de l’économie et aux périodes de crise puisque ce sont pour la plupart des États ou des gouvernements, souvent situés dans des marchés émergents. Ainsi, la Chine, si elle montre peu d’intérêt pour les petits avions, est déjà considérée comme le pays leader de la croissance du secteur. Seulement 400 jets sont aujourd’hui enregistrés dans ce pays de la taille de l’Amérique qui en compte plus de 10.000.

Les constructeurs comme Dassault, General Dynamics (Gulfstream) et Cessna sont d’autant plus concernés par les budgets des gouvernements qu’ils sont aussi impliqués dans le secteur de la Défense, nous explique Richard Aboulafia qui a inventé un indice baptisé « guns-to-caviar » permettant de comparer les ventes d’avions de chasse à celles des jets d’affaires. Il commente : « L’entreprise américaine General Dynamics réalise pratiquement la moitié de ses revenus grâce à sa diversification dans l’aviation privée avec ses sociétés Gulfstream Aerospace et Jet Aviation. Alors que le budget de la Défense américaine est sous pression, GD verra sans doute croître ses profits grâce aux livraisons de son jet G650 facturé 70 millions $. »

LXRV PHOTO DASSAULT AVIATION DRONE NEURON AVION RAFALE JET FALCON 7XEn 1989, d’après son indice, le rapport était de 8 à 1 en faveur des chasseurs. Aujourd’hui, le segment supérieur des business jets génère les mêmes revenus que les fighter jets. Chez Dassault Aviation, seul « pure-player » du segment supérieur, le programme Falcon représente plus ou moins trois quarts de son chiffre d’affaires selon les années. En 2013, les revenus ont progressé de +14 % par rapport à 2012 pour atteindre le montant de 3,1 Mrds € sur un total de 4,5 Mrds € avec l’activité Défense.

Sur la décennie 2014-2023, Teal Group estime que Bombardier et Gulfstream seront toujours les premiers fabricants de jets privés, avec respectivement 32,4 % et 31,5 % de parts de marché, suivis par Dassault (16,3 %), Cessna (12,3 %), Embraer (6,4 %), Honda et Eclipse se partageant les 0,9 % restants.

« La réduction des dépenses militaires dans de nombreux pays renforce l’agressivité de nos concurrents, notamment américains » reconnaît le groupe français qui attend toujours de finaliser son premier contrat à l’export d’avions de chasse Rafale. Peut-être la visite officielle du nouvel émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, attendu à Paris le 23 juin, lui fournira l’occasion de sabrer le champagne. Les Qataris pourraient en effet annoncer « avoir choisi l’avion de combat français et entrer en négociations exclusives avec Dassault Aviation dans la foulée » indiquait fin mai un article mis en ligne par La Tribune. L’occasion serait historique pour le constructeur qui espère également finaliser cette année avec l’Inde le contrat de 126 Rafale négocié il y a deux ans. Au mois de mai, l’entreprise a aussi dévoilé son nouveau vaisseau amiral civil à très long rayon d’action, le modèle Falcon 8X, qui lui permet désormais de rivaliser avec le haut de catalogue des deux leaders du secteur. Pour Dassault, une année caviar et champagne ?

Luxe Revue



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