Vue du premier Palazzo Versace ouvert en septembre 2000 sur la Gold Coast australienne. D'autres grands noms du luxe ou de la mode ont également entamé une diversification dans l'industrie de l'hospitalité, tels que Giorgio Armani, Bulgari, Roberto Cavalli ou LVMH qui a récemment enrichi son portefeuille de deux nouvelles adresses : l'enseigne milanaise Caffè Cova et l'hôtel Isle de France à Saint-Barth dans les Antilles françaises. Les projets hôteliers dévoilés en 2010 par Elisabetta Gucci, arrière petite-fille éponyme de la marque détenue aujourd'hui par le groupe Kering, semblent avoir été stoppés. (© Palazzo Versace 2013)

Versace parie sur l’avenir

MACAO, 20 SEPTEMBRE 2013, LXRV – Donatella Versace était dans la capitale mondiale du jeu début septembre pour officialiser le lancement du projet d’un « Palazzo Versace », dévoilé fin août, et qui sera construit dans la zone de Cotai à Macao, en partenariat avec la Sociedade de Jogos de Macau (SJM). Ce groupe fondé par Stanley Ho, plus grand opérateur de casinos d’Asie à la tête d’une vingtaine d’établissements à Macao, ne dispose à ce jour d’aucune table ni machine dans cette zone artificielle spécialement créée pour le jeu, très prisée par les touristes chinois et donc très convoitée par les grands casinotiers. Elle est aussi surnommée le « Las Vegas asiatique » même si Macao réalise plus de six fois le chiffre d’affaires de la ville du Nevada, 38 milliards de dollars en 2012. Le montant de l’investissement total, qui comprendra au moins une autre enseigne hôtelière pour accueillir les futurs clients de ses 700 tables de jeu, est estimé à 25 milliards de dollars hong-kongais (2,4 milliards d’euros) pour une ouverture fixée à 2017. La maison de mode milanaise supervisera le design et la direction artistique du Palazzo Versace Macau et de l’aménagement de ses 270 chambres et suites. Il s’agira du premier établissement de la marque en Asie après les deux Palazzo Versace lancés en Australie et à Dubaï.

La nouvelle de ce projet a coïncidé cette semaine avec celle de la vente aux enchères de la villa historique du fondateur du groupe, Gianni Versace, devant laquelle il fut assassiné le 15 juillet 1997. Située 1116 Ocean Drive à South Beach, la Casa Casuarina a été remportée pour un montant de 41,5 millions de dollars au bout de 17 minutes par VM South Beach LLC représentant les intérêts de la famille Nakash et de Gindi Capital. Leur offre a surpassé celle d’un montant de 41 millions faite par le promoteur immobilier Donald Trump représenté par son fils Eric. Plus tôt dans l’année, la propriété de 1800 mètres carrés avait été mise sur le marché pour un montant de 125 millions de dollars, revu à la baisse 100 millions puis 75 millions au mois de juin. La mise à prix initiale était finalement de 25 millions. La Villa Versace sera exploitée en tant que boutique hôtel par la famille Nakash qui gère déjà via son groupe Jordache Enterprises cinq hôtels à Miami, notamment l’hôtel Victor voisin de la propriété. Son président, Joe Nakash, a indiqué que les somptueux aménagements qui ont fait la réputation de la Villa Versace seront bien sûrs préservés. Le designer y avait investi plus de 30 millions de dollars dans des travaux de rénovation après son acquisition en 1992. Il a également indiqué qu’il souhaitait utiliser le nom de Versace avec l’accord de la famille du créateur de mode qui avait vendu la maison en 2000 pour un montant de 19 millions. « Si ce n’est pas possible, nous utiliserons l’ancien nom, ou un nouveau » a-t-il précisé.

Après la disparition de Gianni, Donatella Versace a repris la direction artistique du groupe dont elle détient aujourd’hui 20% des actions, aidée par son autre frère nommé président, Santo, propriétaire de 30% des parts. Sa fille, Allegra, détient les 50% restants. Fondé en 1978, Gianni Versace SpA a renoué avec les profits en 2011, affichant un résultat de 7,9 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 340,2 millions d’euros. En 2012, le revenu annoncé était de 408,7 millions d’euros pour 8,5 millions de résultat. Le montant des royalties généré par la marque représente aujourd’hui près de 35 millions de dollars. Selon les récentes déclarations de son dirigeant, Gian Giacomo Ferraris, les revenus dépasseront les 500 millions d’euros dès 2014. Pour financer et accélérer son développement, qui passe par l’ouverture de nouvelles boutiques aux États-Unis et dans les pays émergents comme le Brésil, la Corée du Sud, la Chine ou encore la Turquie, il négocie aujourd’hui la vente d’une participation minoritaire de 20% contre un montant de 250 millions d’euros. L’opération, qui sera sans doute finalisée avant la fin de l’année, valorisera le groupe à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Une introduction à la bourse de Milan figure également parmi les autres scénarios envisagés dans le futur.

Luxe Revue



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